Le génie génétique blanc

Depuis des milliers d’années déjà, l’homme utilise des microorganismes pour la production de denrées alimentaires. La pâte à pain contient, par exemple, de la levure et la production de vin et de bière nécessite l’utilisation de levures spéciales. La préparation du lait ainsi que le maturation des fromages reposent également sur l’utilisation de différentes sortes de bactéries et de champignons.

Avec l’aide du génie génétique, les microorganismes peuvent être utilisés de manière encore plus ciblée. Ils peuvent être équipés de gènes particuliers leur permettant de produire efficacement des enzymes, des vitamines ou encore des médicaments. De tels exemples sont présentés dans la brochure sur le génie génétique. Les bactéries génétiquement modifiées sont cultivées dans des milieux fermés. Les substances qu’elles produisent sont purifiées et mises à disposition pour leur transformation en produits finaux. Ceci signifie qu’aucun microorganisme génétiquement modifié ni aucun ADN ne se trouvent dans les produits finaux.

Les microorganismes génétiquement modifiés ne servent pas seulement de fabriques biologiques. Ils peuvent aussi être utilisés en tant qu’indicateurs. Des bactéries ont, par exemple, été équipées de gènes additionnels leur permettant de détecter la présence d’arsenic dans leur environnement. Quand elles détectent de l’arsenic, elles l’indiquent en produisant une substance fluorescente verte. Ce biosenseur est actuellement utilisé pour tester la présence de ce poison dans des échantillons de sols et d’eaux.

De grandes opportunités pour la biotechnologie blanche sont attendues du côté du jeune domaine de recherche qu’est la biologie synthétique. Des informations complémentaires à ce sujet se trouvent ici : « biologie synthétique ». 

La législation suisse

L’Etat a émis en 2004 une loi sur le génie génétique réglant les questions concernant les animaux, plantes et microorganismes génétiquement modifiées. Entre autres, cette loi stipule que les microorganismes génétiquement modifiés doivent être gardés dans des systèmes fermés. Cela signifie qu’ils ne doivent pas, sans examen préalable par l’Etat, sortir de leurs systèmes fermés ou être disséminés. De plus, pour toute manipulation en système fermé, une licence est obligatoire.

Par contre, pour tout produit dérivé d’organismes génétiquement modifiés (OGM), comme par exemple les enzymes de nettoyage, aucune licence n’est nécessaire. Les produits dérivés sont produits à partir d’OGM mais eux-mêmes ne contiennent pas d’information génétique modifiée pouvant se propager dans l’environnement.

  1. Brochure « Le génie génétique, notions de base, applications, discussions », Gen Suisse
  2. Gene ABC, une initiative du Fonds National Suisse de la Recherche Scientifique
  3. Cahier  « Synthetische Biologie»  SATW (Allemand)

Constitution fédérale de la Confédération suisse

La Commission fédérale d'éthique pour la biotechnologie dans le domaine non humain (CENH )

Commission fédérale d'experts pour la sécurité biologique (CFSB)