Les recherches sur les animaux : Pourquoi sont-ils importants dans la recherche ?

La recherche sur les animaux est un sujet sensible. D'une part, elles sont essentielles pour le progrès médical, mais d'autre part, elles sont également controversées sur le plan éthique. Parallèlement, la recherche et l'expérimentation de méthodes alternatives se poursuivent. La Suisse dispose de l'une des lois sur la protection des animaux les plus strictes au monde et applique le principe dit des 3R afin de minimiser les recherches sur les animaux.

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Les recherches sur les animaux jouent un rôle central dans la recherche médicale. Elles permettent de mieux comprendre les maladies et de développer des médicaments sûrs. En Suisse, l’utilisation des recherches sur les animaux est strictement réglementée. La loi sur la protection des animaux n’autorise les recherches sur les animaux que lorsqu’aucune alternative n’existe pour la question posée, et exige que la charge pour les animaux soit réduite au minimum.

Pourquoi réalise-t-on des recherches sur les animaux ?

De nombreux progrès médicaux – de l’étude des thérapies contre le cancer aux médicaments antihypertenseurs, en passant par le développement de vaccins – n’auraient pas été possibles sans la recherche sur les animaux. Elle est utilisée pour tester l’efficacité et la sécurité de nouvelles substances avant leur expérimentation sur l’être humain.

Voici quelques exemples de médicaments vitaux développés grâce aux recherches sur les animaux :

  • L’insuline a d’abord été développée par des expériences sur des chiens et sauve aujourd’hui la vie de millions de personnes atteintes de diabète.
  • Les antibiotiques ont été étudiés sur des souris et sont essentiels pour traiter les infections bactériennes.
  • Les vaccins contre la Covid-19 ont notamment été testés sur des primates pour en garantir la sécurité et l’efficacité.

Toutes les recherches sur les animaux ne visent cependant pas directement au développement de médicaments. La recherche fondamentale permet de comprendre les processus biologiques dans un organisme sain ou malade – des connaissances qui peuvent conduire à des percées médicales à long terme.

Existe-t-il des alternatives aux recherches sur les animaux ?

Des recherches sont continuellement menées pour développer des méthodes alternatives aux recherches sur les animaux. Les chercheurs misent de plus en plus sur des modèles informatiques, des cultures cellulaires et des organoïdes en 3D. Ces méthodes peuvent remplacer de nombreuses recherches sur les animaux, mais ne sont souvent pas encore assez complexes pour répondre à toutes les questions scientifiques.

La Suisse applique le principe dit des 3R :

  • Replace (Remplacer) : Éviter les recherches sur les animaux lorsqu’il existe des alternatives.
  • Reduce (Réduire) : Limiter le nombre d’animaux utilisés au strict nécessaire.
  • Refine (Raffiner) : Concevoir les expériences de manière à minimiser la souffrance animale.

De nombreuses expériences sont déjà réalisées avec des méthodes alternatives :

  • Cultures cellulaires pour la recherche sur le cancer
  • Simulations informatiques pour l’analyse de substances actives
  • Organoïdes – mini-organes cultivés en laboratoire
  • Modèles d’organes sur puce (Organ-on-Chip)

La législation évolue elle aussi en faveur de méthodes alternatives. Aux États-Unis, par exemple, la loi « FDA Modernization Act 2.0 » a été adoptée en 2022. Elle supprime l’obligation de tests sur les animaux pour le développement de médicaments.

Pourquoi les primates sont-ils utilisés en recherche ?

Dans de rares cas, la recherche sur les animaux avec des primates est nécessaire, notamment en neurobiologie ou pour le développement de vaccins. Les primates sont biologiquement très proches de l’humain, ce qui est essentiel pour les études sur les maladies du cerveau, le système immunitaire ou les infections virales.

Voici quelques exemples où des primates ont été utilisés dans la recherche et le développement :

  • Thérapies contre la maladie de Parkinson
  • Vaccins contre la polio, l’hépatite B et la fièvre jaune

Autorisation stricte et contrôle

La Suisse dispose de l’une des législations les plus strictes au monde en matière de recherche sur les animaux. Chaque recherche doit être demandée, justifiée et approuvée par les autorités. Les chercheurs doivent prouver qu’il n’existe pas d’alternatives suffisantes pour les expériences envisagées. Des experts indépendants examinent ensuite la demande et évaluent les bénéfices escomptés par rapport à la charge pour les animaux.

Informations complémentaires

Développement des médicaments (Swissmedic) : https://www.swissmedic.ch/swissmedic/de/home.html

Fondation Recherche 3R : https://swiss3rcc.org/de

Recherche sur les primates – ETH Zurich : https://ethz.ch/staffnet/de/finanzen-und-controlling/compliance/forschung-mit-tieren.html

Loi fédérale sur la protection des animaux : https://www.blv.admin.ch/blv/de/home/tiere/tierversuche.html